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Demain et sa jeunesse: Entreprendre vers une finalité

par Pandore 28 Juillet 2010, 13:38 Analyses

 "On parle beaucoup trop aux enfants du passé et pas assez de l'avenir - c'est à dire trop des autres et pas assez d'eux-même."

 

Sacha Guitry

 

755px-Eugene_Delacroix_-_La_liberte_guidant_le_peuple.jpg                                    Peinture d'Eugène Delacroix, La liberté guidant le peuple,

                                                1830, Musée du Louvre, Paris 

 

 

    « C'est dur d'être jeune, les jeunes doivent être notre priorité. » déclarait François Hollande sur France Inter  le 21 juillet (link). A en croire certaines idées, certaines tendances, l'avenir de notre jeunesse est loin d'être prometteuse et cette génération a perdu toute finalité à vivre au sein de cette société. Elle s'affirme, ne voulant pas se taire, lorsque qu'elle se sent menacé par quelque autorité que ce soit et prend les armes d'une manière inégale pour un soulèvement qu'elle juge important. Les anciens pourraient dire que cette jeunesse défit toute autorité étatique, parentale et même patronale. Apparemment les jeunes générations du début du siècle dernier  ou même ceux d’il y a soixante ans, ces enfants relatés dans La Guerres des Boutons de Louis Pergaud, acquiesçaient sans dire un mot : en clair, il fallait obéir ou c’était la porte. Aujourd’hui, ces anciens, qu’on peut définir ainsi pour leurs expériences, partagent une inquiétude au regard de cette jeunesse. Cette dernière a-t-elle perdu tout sens réel de révolution ? Saura-elle se soulever comme il se doit à un moment critique ou opportun ?

 

  Un combat pour l'Humanité 

 Edgar Morin nous apporte une idée neuve : « les jeunes générations se désolent qu’il n’y ait plus de cause comme celle de notre résistance durant la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit de sauver l’humanité. »  Si les générations passées se sont battus contre le nazisme ou se sont révoltés contre l’Etat en 1968, il nous reste l’un des plus grands combats, non seulement pour chacune des patries, mais surtout pour l’humanité, à changer sérieusement de mentalité afin de vivre plus en adéquation avec le monde si mondialisé et, à s’adapter correctement et équitablement à un nouveau mode de vie dû au réchauffement climatique à venir.

  Que nous le voulions ou non, le monde évolue à une vitesse fulgurante : les progrès des sciences nous ont permis d’améliorer notre vie quotidienne et notre santé, même si la bioéthique nous rappelle qu’il faut conserver notre sens moral afin de ne pas diverger au-delà de certaines limites. Internet nous connecte à l’autre bout du monde en une fraction de seconde et Facebook a atteint la barre des cinq cents millions de membres actifs. Les nanotechnologies sont présentes dans nos sociétés depuis trente ans. La notion de temps est toujours aussi importante, et notre jeunesse doit accaparer cette vitesse existentielle. L’ampleur de l’individualisme consommatrice amplifie l’idée, voir le besoin de communautarisme.

 

  Une évolution exponentielle

  Nous ne nous baignons jamais deux fois dans le même fleuve : notre avenir sera bien différent de ceux du passé et il est temps d’entre prendre conscience, mais pas d’en avoir peur. Fini de croire que Mai 68 ou les années hippies étaient la belle époque, il faut vivre avec son temps. Au XXIe siècle, nous devons anticiper le monde de demain avec l’évolution de la technologie scientifique (le collisionneur de particule au CERN, le projet ITER ou le télescope spatial James Webb, par exemple), militaire (les drones commandés à distance et les nombreux satellites en orbites) et individuel (l’Ipad, la voiture hybride, le numérique, etc.), ses nombreuses réflexions bioéthiques et la mondialisation toujours aussi trépidante par ses échanges commerciaux et diplomatiques. Mieux, nous devons le construire, sans oublier les valeurs tant conquises par le passé. Aux anciens de nous apporter leurs savoirs et leurs vécus. Nous nous chargeons de demain.  

 

 Un avenir incertain

  « La peur de l’avenir n’est nulle part aussi grande qu’en France et n’a historiquement jamais été aussi répandu dans ce pays aujourd’hui », constate Eric Maurin , économiste et sociologue, auteur de l’ouvrage La Peur du déclassement, dans Le Monde Magazine du 3 juillet . La jeunesse a peur de ne pas trouver sa place, elle erre entre la province et ses fantasmes de palace. Elle aurait donc perdu toute orientation, tout but dans lequel se diriger. Certains jeunes sont laissés-pour-compte, livrés à eux même, par leurs parents trop occupés à payer le loyer et les factures. Nous ne pouvons leur reprocher de subvenir aux besoins de leur famille. Nous pouvons cependant reprocher à la société de laisser vendre d’autres besoins non nécessaire où se perde cette génération en réflexion. Des cas particuliers montrent des jeunes sans emplois mais possédant une voiture et le dernier Iphone, par exemple. Mais comment était la jeunesse des années cinquante ? Il semble, selon toute attente, que les parents d’aujourd’hui consacrent plus de temps à leurs enfants, d’une manière tendancielle. Les jeunes partent, en moyenne, plus tard de chez leurs parents.  Pouvons-nous parler de la politique de « l’enfant-roi » ? Il faut pourtant garder à l’esprit que le « débrouillardisme » est une des meilleures écoles afin de se préparer à un avenir incertain et l’assistanat ne peut que les condamner à rester des enfant-adultes ou à maintenir des psychoses de la réalité. C’est donc aux anciens de montrer les bons chemins, à les orienter de manière judicieuse, mais c’est aux jeunes d’ouvrir les portes offertes.

  Son langage a évolué aussi. La conversation entre un homme politique et un lycéen risque de ne pas se terminer en bon terme. Certaines incompréhensions pourraient y fleurir et cette fracture ne peut que les éloigner. Il y faudrait donc une adaptation au langage, mais dans quelle direction ? L’homme politique doit-il parler à son nouvel électorat dans un langage plus simple ou bien la jeunesse doit-elle le comprendre dans le sien? 

 

Le vieillissement de la population cache ses futurs actifs

  La jeunesse doit en plus se sentir concerné sur cet avenir tant promulgué par les actifs inquiets pour leur retraite. Nous oublions peut être ceux qui la prendront dans plus de quarante ans. L’allongement de la durée de cotisation, qui dans toute logique semble normale (nous vivons plus longtemps, donc nous travaillons plus longtemps, sans prendre en compte des pénibilités de certains métiers), réduit la place laissée pour les nouveaux actifs, « les parents pauvres des politiques publiques » selon Eric Maurin. Bien sûr,  Ils ont la capacité de s’adapter plus facilement au changement actuel et  prennent conscience des réalités « comme un vieux en puissance ». Et malgré l’importance des diplômes, la précarité reste de mise et  l’endettement public offre une angoisse toujours présente sur l’avenir. Peut-on remettre en cause le système actuel ?

 

Une mondialisation connectée 

  Mais dans cette pérégrination mondialisée dans lequel nous vivons, nous pouvons remarquer que les jeunes ont pris le monopole des réseaux communautaires et des blogs. Ils sont intra-connectés en permanence et avec le monde, même de façon virtuelle. L’espace et le temps sont réduits à un double clic devant un écran d’ordinateur, nouveau moteur matriciel qui relie la réalité au virtuel. La vitesse de connexion accentue la petitesse du monde d’aujourd’hui. Il est candide maintenant de ne pas savoir ce qui ce passe à l’autre bout de la planète, car il est plus simple de vivre sans la connaissance des réalités qui nous entourent. Mais c’est une notion qui a peut être permis de  préserver les générations anciennes des peurs que peuvent avoir les jeunes de nos jours. Ou tout simplement que l’échelle des peurs a changé, car les jeunes d’aujourd’hui, en Occident, n’ont pas connu la guerre. S’ajoute à ceci des exemples forts comme celui de la jeunesse iranienne qui utilise les réseaux sociaux afin de libérer leur parole, ou celui des voix birmanes rapporté dans le documentaire Burma-VJ (link).   

  Il ne faut pas croire que ces relations virtuelles remplacent le réel. Ils ne peuvent qu’être complémentaire, ou osons l’espérer. Les échanges universitaires entre pays en constante augmentation le prouvent. Les apéros géants via Facebook, même jugé mal organisé et dangereux, affirment leurs besoins de sociabilité réel.

 

  Des besoins sereins

  La jeunesse a besoin de faire partie de cette société et d’y contribuer. Les mettre de coté, les exclure, ne peut que les révolter et les anarchiser. La citoyenneté est l’affaire de tous. Cette intégration est importante et changerait les mentalités tant perçues comme violente. Certains bien sûr réussissent, mais combien de jeunes errent ? Combien se laissent aller à l’incertitude ? Combien se blottissent dans leur monde ? Est-ce une perte de courage ou un franchissement d’obstacles de plus en plus dur ?

 

  Et puis, nous ne pouvons que déplorer l’avenir si différent d’un occidental d’Henri IV ou de L’Upper Est Side et d’un africain de Mogadiscio ou d’un Tamoul Sri Lankai. Cette inégalité des chances offertes dès le berceau complexifie cette perspective. Si les jeunes en Iran manifestent au sein du Mouvement Vert ou autres (link) (link) (link), la révolution en Occident s’est déjà produite et il n’est peut être pas nécessaire qu’il y en ait une de plus. C’est probablement ailleurs qu’il faut regarder les âmes vaillantes pour changer leur pays. Nous pouvons penser à l’Iran mais aussi à la Chine (link), à l’Inde et dans tous les pays où l’inégalité prospère à l’état moyenâgeux. Cependant, il ne faut jamais oublier, même en Occident, que rien n’est acquis et nous ne devons tolérer aucune intolérance et injustice. Cela est valable pour  le pays des Droits de l’Homme.   

 

 

 

 

 


 

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