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Le poids médiatique au Moyen Orient : Une concurrence s’installe entre médias occidentaux et médias arabes

par Pandore 25 Mars 2011, 16:15 Moyen-Orient

 

 

  Le printemps arabe de l’année 2011 utilise l’arme médiatique grâce à Internet. Les vidéos de manifestations, de protestations sont diffusées sur Youtube et Facebook. Les populations prennent conscience de la réalité de leur pays, ils se rassemblent sur les places publiques. Les réseaux sociaux et les médias amplifient, accélèrent le phénomène. Quel pouvoir prennent aujourd’hui ces médias ?

 

  Al Jazeera, chaîne satellitaire qatarie, a encore pris de l’ampleur, depuis les révolutions dans le monde arabo-musulman, en prenant un engagement au coté des révolutionnaires dans leur ligne éditoriale. Cette chaîne se démarque des chaines occidentales par le fait même qu’elle est arabe et qu’elle s’écarte de l’influence des médias dominants et de certains gouvernements. Elle existe depuis quinze ans, quelques temps après la guerre du Golf (1990-1991). Al Jazeera a été fermée dans certains pays, comme l’Algérie, le Maroc ou l’Irak. Cependant depuis la monté de sa notoriété, les gouvernements qui ont fermé certains bureaux de la chaîne se privent de la possibilité de s’exprimer ,et d’une crédibilité.

  Le développement des chaînes arabes prend un tournant et pourrait concurrencer les médias occidentaux. Par exemple, France 24 en arabe a été la chaîne la plus regardée depuis la révolution en Tunisie.

 

Effet de mode, rôle d'accélérateur

  A l’Institut du Monde Arabe, jeudi 24 mars, François-Bernard Huyghe, chercheur associé à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) souligne l’effet de mode que sont les réseaux sociaux et rappelle que chaque pays n’a pas le même équipement. Le courage appartient surtout à ceux qui sont allés dans la rue. Il a fallu « lâcher la souris et son clavier pour aller dans la rue ». Les réseaux sociaux ont été un déclencheur. En Iran par exemple, il semble que les personnes qui ont utilisé Twitter lors des manifestations du mouvement vert en 2009 étaient pour la plupart des expatriés iraniens. Cela change-t-il la façon de lutter ?

 

La contre-attaque des gouvernements

  Par ses images de héros et de martyrs qui ont ému les populations, ces réseaux ont joué le rôle de déclencheur et ont un effet de contagion  et d’encouragement. Ces nouveaux « médias » sont surtout utilisés par une jeunesse urbaine de classe moyenne. Les gouvernements ont été pris de court, comme les Etats Unis avec Wikileaks. Mais ils sont pragmatiques. L’Egypte avait coupé l’électricité pour priver les insurgés d’Internet.  « Une guerre d’épée et de bouclier » se joue dans ce monde virtuel. Selon M Huyghe, tout cela enclenche une procédure législative à travers les pays pour contrer cette liberté sur Internet. Une veille d’infiltration, un système de surveillance sera mis en place. La confrontation de Google et du gouvernement Chinois, en 2010, en est la preuve. Derrière la liberté d’expression sur Internet, il y a une véritable influence que chaque pays peut utiliser en sa faveur.

 

 

  Cette ouverture marque une révolution médiatique qui reste encore à faire. Les médias dans ces pays révoltés ont démontré leur dépendance vis-à-vis de leur gouvernement. Il reste à développer une presse libre et indépendante. Certains des pays arabes commencent à mettre en place un code de la presse, selon Latifa Tayah, de l’Institut Panos Paris (link). La démocratie commence par là.

  Et puis, un média devient une fenêtre diplomatique dans ces pays : Al Jazeera a un pouvoir réel et un rôle dans le Moyen Orient, selon Agnès Levallois, journaliste, ancienne directrice de France 24 en arabe. Cela a permis au Qatar d’apparaître sur la carte du monde et d’avoir un impact diplomatique, comme CNN et son influence américaine. « Tout pays qui veut avoir un poids international doit avoir un poids médiatique » souligne M Huyghe. La Chine développe son agence de presse à l’international, la Russie aussi. Une concurrence entre les médias se profile, un pluralisme peut être s’installe, dans lequel les pays arabes imputeront leurs influences.

 


 

Source :

Les jeudis de L’IMA à l’Institut du Monde Arabes (link) (changements des intervenants)

Rencontres et Débats

Médias arabes : nouveau regard ou nouvelles réalités

24 mars 2011

Avec

François-Bernard Huyghe, chercheur associé à l’IRIS (link)

Agnès Levallois, journaliste, ancienne directrice de France 24 en arabe

Latifa Tayah, Institut Panos Paris (link)

Débat animé par Mohammed El Oifi, maître de conférences à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris

 

A lire :

Isabelle Mandraud, Au Maroc, les journalistes se joignent à la protestation, Le Monde du vendredi 25 mars 2011

Enquête de Xavier Ternisien et Harold Thibaut, Le monde selon Xinhua, Le Monde du mercredi 5 janvier 2011

 

A écouter:

Plateforme France Culture (link

 

 


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